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HC CALIBRAGE

HDR et Roll-Off : pourquoi le pic lumineux ne raconte pas toute l’histoire

HDR et Roll-Off : pourquoi le pic lumineux ne raconte pas toute l’histoire

samsung S99H

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HDR : pourquoi le pic lumineux ne suffit pas à juger un téléviseur

Lorsqu’un nouveau téléviseur HDR est testé, le chiffre qui revient systématiquement est la luminosité maximale. Les constructeurs annoncent 2000, 3000 ou parfois plus de 4000 nits, et les tests se concentrent souvent sur cette valeur.

Pourtant, ce chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité.

La qualité d’une image HDR dépend davantage de la façon dont le diffuseur reproduit les informations avant le clipping que de sa capacité à atteindre un pic lumineux sur une petite fenêtre de mesure.

La courbe PQ est absolue

Le HDR utilise la courbe PQ (Perceptual Quantizer), normalisée par la recommandation ST2084.

Contrairement au SDR, cette courbe est absolue. Chaque pourcentage de signal correspond à une luminance précise.

Quelques repères utiles :

  1. 58 % PQ = 203 nits
  2. 70 % PQ = 620 nits
  3. 75 % PQ = 983 nits
  4. 80 % PQ = 1555 nits
  5. 85 % PQ = 2463 nits
  6. 90 % PQ = 3906 nits
  7. 100 % PQ = 10 000 nits

Cela signifie qu’il est possible de déterminer précisément à quel niveau de luminance un téléviseur commence à s’écarter de la référence.

Qu’est-ce que le roll-off ?

Aucun diffuseur grand public n’est capable d’afficher les 10 000 nits prévus par la courbe PQ.

Les fabricants sont donc obligés de compresser progressivement les hautes lumières afin d’adapter le signal aux capacités réelles de l’écran.

Cette zone de compression est appelée roll-off.

Tant que le téléviseur suit la courbe PQ, la reproduction est fidèle.

Dès que le roll-off commence, le téléviseur doit faire des compromis afin de préserver un maximum d’informations dans les hautes lumières.

Roll-off et clipping : deux notions différentes

Le roll-off correspond à une compression progressive.

Le clipping correspond à une limite physique.

Lorsque le clipping est atteint, plusieurs niveaux de signal différents produisent exactement la même luminance à l’écran.

À partir de ce point, les détails sont définitivement perdus.

Un signal à 4000 nits ou à 10 000 nits sera reproduit exactement de la même manière.

Autrement dit :

Au-dessus du clipping, il n’existe plus d’information supplémentaire visible.

TCL C8L

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Pourquoi le pic lumineux est souvent mal interprété

Prenons l’exemple d’un téléviseur capable d’atteindre 3000 nits sur une fenêtre de 1 %.

La plupart des tests se contenteront d’annoncer :

« Ce téléviseur atteint 3000 nits. »

Pourtant, cette information ne permet pas de savoir :

  1. où débute le roll-off ;
  2. où intervient le clipping ;
  3. jusqu’à quelle luminance la courbe PQ est respectée ;
  4. si les couleurs restent fidèles dans les hautes lumières.

Un téléviseur peut atteindre 3000 nits tout en commençant à compresser le signal dès 600 ou 1000 nits.

La plage réellement exploitable est alors bien inférieure à ce que laisse penser le chiffre de pic.

Pourquoi un calibrage peut sembler réduire la luminosité

Cette idée repose sur une confusion entre puissance lumineuse et fidélité de reproduction.

Le calibrage ne cherche pas à produire le chiffre le plus élevé possible.

Elle vise à reproduire correctement :

  1. le point blanc ;
  2. la courbe PQ ;
  3. les couleurs ;
  4. les saturations ;
  5. les niveaux de gris.

Si un téléviseur affiche davantage de nits mais s’éloigne fortement de la référence, la qualité d’image n’est pas forcément meilleure.

Le calibrage optimise la plage réellement utile du diffuseur, celle qui contient l’essentiel des informations visibles.

Au-dessus du clipping, il ne reste que les highlights

Une fois le clipping atteint, les derniers nits disponibles ne servent plus à afficher davantage de détails.

Ils contribuent uniquement à renforcer l’impact visuel de certains éléments très lumineux :

  1. soleil ;
  2. reflets métalliques ;
  3. flammes ;
  4. éclairs ;
  5. explosions.

Ces highlights spéculaires occupent généralement une très faible partie de l’image.

L’essentiel du contenu HDR se situe bien avant cette zone.

Le paramètre oublié : la luminance soutenue

Le pic lumineux maximal est souvent obtenu sur une fenêtre de 1 % représentant seulement quelques pixels.

Dans un film réel, la majorité des scènes présentent une surface lumineuse beaucoup plus importante.

La capacité du téléviseur à maintenir une luminance élevée sur 25 %, 50 % ou même 100 % de l’image est souvent plus importante pour la perception du HDR que le pic mesuré sur une petite fenêtre.

C’est pourquoi deux téléviseurs affichant le même pic lumineux peuvent produire des images très différentes.

Celui qui conserve davantage de luminosité lorsque l’APL augmente donnera généralement une impression de dynamique HDR supérieure.

Ce qu’un test HDR devrait réellement indiquer

Au-delà du simple pic lumineux, un test complet devrait préciser :

  1. la luminance plein écran ;
  2. le début du roll-off ;
  3. le point de clipping ;
  4. la stabilité du diffuseur ;
  5. la fidélité du suivi PQ ;
  6. la précision colorimétrique avant clipping.

Ces informations sont beaucoup plus représentatives des performances réelles d’un diffuseur HDR.

Conclusion

Le pic lumineux est devenu l’équivalent du contraste On/Off dans le monde de la vidéoprojection : un chiffre facile à mettre en avant mais souvent insuffisant pour juger des performances réelles.

La question essentielle n’est pas :

« Combien de nits atteint ce téléviseur ? »

Mais plutôt :

« Jusqu’à quelle luminance reproduit-il fidèlement les informations contenues dans le signal HDR ? »

C’est dans cette plage exploitable que se construit la qualité d’image. Le reste n’est souvent qu’une démonstration de puissance lumineuse.

Hisense UR9

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